Update: 10.07.2007

Les ONG critiquent le Pacte mondial

Le sommet du Pacte Mondial (ou Global Compact) s’est déroulé à Genève les 5 et 6 juillet 2007. Ses organisateurs, les Nations Unies, ont pour but d'amener le monde économique à s'engager pour le respect des droits de l'homme, de la responsabilité sociale et de l'environnement. D’importantes ONG telles que la Déclaration de Berne (DB), Greenpeace ou Amnesty International (AI) ont exprimé leurs doutes sur un Pacte alibi qui servirait plus à améliorer l’image de certaines entreprises qu’à poser des mesures véritablement efficaces.

Normes contraignantes nécessaires

Maintenant leurs critiques du départ, les ONG déplorent le manque de mécanisme de contrôle et l’absence de normes contraignantes et de sanctions. Selon la Déclaration de Berne (DB), «dans un monde de concurrence, la majorité des firmes ne respecteront les normes fondamentales que sous la contrainte». Pour Greenpeace, «le monde n'a pas besoin de déclarations d'intention supplémentaires des entreprises, mais d'actions réelles qui puissent être mesurées et contrôlées». Amnesty International estime que «sans un mécanisme qui engage la responsabilité des entreprises, le potentiel du Pacte mondial pour améliorer les droits humains restera très limité».

Bon pour l’image des entreprises

Depuis la création du Pacte mondial en 1999 à l’initiative de l’ancien Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, plus de 2900 sociétés à travers le monde, dont 30 en Suisse, ont adhéré à l’initiative. Elles s’engagent ainsi à intégrer dans leur stratégie et leur pratique dix principes relatifs aux droits de l’homme, aux normes de travail, à l’environnement et à la corruption. Si plusieurs initiatives ont été lancées à l'occasion du sommet, telle cette déclaration commune visant à réduire l’émission de CO2 adoptée par  plus de 150 entreprises, les ONG continuent à parler de «blanchiment d’image» ou de «blanchiment vert».  Mais selon une investigation du Tages Anzeiger (cf version en allemand), plusieurs des chefs d’entreprise présents à Genève n’ont pas mis action leurs engagement: seuls 69% disent admettre des syndicats ; la moitié n’ont pas de règlement contre le travail forcé ou le travail des enfants; seuls 61% des entreprises luttent activement contre la corruption.

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