Update: 10.06.2009

Blood Diamond, ou comment les diamants financent la guerre

Le lancement du film ‹Blood Diamond› (diamants de sang) en 2007 rappellent aux consommateurs, à l’industrie du diamant et aux gouvernements qu’ils doivent veiller à ce qu’aucun diamant dit de la guerre ne pénètrent le marché. Avec d’autres organisations de défense des droits humains, Amnesty International mènent campagne depuis des années contre ces diamants qui alimentent les conflits, les guerres civiles et les droits humains. Ce que montre bien l’histoire d’amitié entre le mercenaire et le pêcheur du film, à la recherche d’un diamant en Sierra Leone. En juin 2009, un rapport accablant dénonce les abus dans les mines et met en cause le Processus de Kimberley censé garantir les diamants 'propres2.

«Cette petite fille a eu les mains coupées pour que vous puissiez porter ce diamant au doigt»

Les revenus provenant de l’exploitation des mines de diamants sont utilisés pour poursuivre les conflits sanglants en Afrique. Amnesty détaille: «au cours de ces affrontements, les profits du commerce illégal des diamants, estimé à des milliards de dollars, ont servi aux seigneurs de guerre et aux rebelles à acheter des armes. D'après les estimations, 3,7 millions de personnes sont mortes en Angola, en République démocratique du Congo, au Libéria et en Sierra Leone dans des conflits financés par les diamants». En 2009, c'est au Zimbabwe que le comerce des diamants de la guerre continue à fonctionner.

Le processus de Kimberley, aussi pour les consommateurs

Lancée en 2000, le processus de Kimberley est une initiative conjointe entre les gouvernements, l’industrie diamantaire internationale et la société civile visant à empêcher le commerce des diamants du conflit. Ce système international de certification des diamants, en vigueur depuis 2003, permet de suivre le parcours des diamants depuis leur extraction de la mine jusqu’aux pays importateurs, obligés de n’accepter que des diamants bruts dotés du certificat «processus de Kimberley». En Suisse, l’Union de la bijouterie et de l’orfèvrerie suisse (UBOS) a développé en 2006 un code de conduite à l’intention des négociants, qui s’engagent à avoir un comportement responsable. Amnesty salue cette initiative, mais lui reproche son caractère volontaire et le fait que des contrôles systématiques ne sont pas prévus. Les consommateurs sont donc également responsables de s’assurer la provenance légitime des diamants.

Kimberley en danger

Si le Processus de Kimberley a contribué à faire en sorte que les diamants soient désormais pourvus de certificats d'origine - l'immense majorité de ceux arrivants en Suisse en sont pourvu - il semble pourtant que l'initiative internationale n'ai plus la volonté ni l'intérêt de s'attaquer au problème. Dans un rapport sur le commerce des diamants de la guerre au Zimbabwe publié en mars 2009, les ONG spécialisées Partenariat Afrique Canada (PAC) et Global Witness appellent le Conseil de sécurité des Nations Unies à intervenir et à imposer un embargo sur les diamants zimbabwéens.

Sources 2007

Information supplémentaire

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