Update: 29.08.2013

Campagne internationale pour les droits des lesbiennes, gays, personnes bisexuelles et transgenres (LGBT)

Créer un monde dans lequel tous les êtres humains sont libres et égaux en dignité et en droits, indépendamment de leur sexe ou de leur orientation sexuelle. Le message de la campagne du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) est on ne peut plus clair. Intitulée Free & Equal, cette initiative a été présentée le 26 juillet 2013 au Cap par la Haut-commissaire aux droits de l’homme Navi Pillay et par Desmond Tutu, prix Nobel de la paix et évêque Sud-Africain.

Cette campagne, qui durera un an, a pour but de promouvoir les droits des personnes LBGT dans le monde entier et de combattre, par un travail de sensibilisation, les discriminations et les violences dont elles peuvent être victimes.

La protection des droits des LGBT : un devoir de l’Etat

Les principes centraux de la Déclaration universelle des droits de l’homme, le droit à l’égalité de traitement et à la non-discrimination, ne sont que de vaines promesses pour un grand nombre de personnes LGBT. «Des millions d’entre elles sont confrontées chaque jour à la haine, à l’intolérance, à la violence et à la discrimination, a expliqué Navi Pillay lors du lancement de la campagne. Chaque Etat a par conséquent le devoir de protéger les gays, lesbiennes, personnes bisexuelles et transgenres de la torture, des discriminations et de la violence.»

Cette campagne fait suite au premier rapport officiel de l’ONU sur la discrimination des LGBT, qui a été publié en décembre 2011. Celui-ci a montré que plusieurs millions de personnes dans le monde étaient victimes de violence ou discriminées à cause de leur orientation ou de leur identité sexuelles.

Ces douze prochains moins, en s’appuyant sur des fiches explicatives, des personnalités prêtes à défendre cette cause ou les réseaux sociaux, l’ONU s’emploiera à animer un débat sur les discriminations à l’encontre des LGBT, dans le but d’améliorer la place qui leur ait réservé dans la société. Il s’agira aussi de montrer la nécessité d’entreprendre des réformes juridiques dans de nombreux pays. Le but de la campagne sera, enfin, d’amener les Etats à investir dans la formation et la sensibilisation de l’opinion publique contre l’homophobie et la transphobie.

La criminalisation des personnes LGBT...

Dans 76 Etats, entretenir des relations entre personnes du même sexe est illégal. Il existe aussi, dans de nombreux pays, d’autres formes de lois discriminantes à l’encontre des personnes LGBT. Des millions d’êtres humains courent le risque de se faire arrêter, emprisonner, enlever ou torturer en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. Dans sept Etats (Iran, Mauritanie, Arabie-Saoudite, Soudan, Yémen ou dans les régions du Nigéria et de la Somalie dominées par la charia), ces personnes sont même menacées de peine de mort.

Le rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) montre toutefois que certains pays ont tendance à améliorer la protection des LGBT; même si un grand travail doit encore être fourni dans ces Etats. Le document de l’ONU désigne notamment comme efforts louables la promulgation de lois pour punir les discours haineux ou permettre aux personnes transsexuelles d’obtenir un document officiel sur lequel figure le sexe qu’elles ont choisi. Le HCDH jugent aussi très importants les programmes de formation pour les policier-e-s, les gardien-ne-s de prison, les enseignant-e-s ou pour les professionnel-le-s du travail social ainsi que les campagnes de sensibilisation dans les écoles.

... et la violence exercée par des privés

L’expérience a montré que les lois et les modifications législatives ne sont qu’une première étape. Les préjugés sont, en effet, souvent profondément ancrés dans les sociétés. L’Afrique subsaharienne en est un triste exemple. Les pratiques homosexuelles y sont souvent punies par la loi (dans 32 Etats au total) parce qu’elles sont considérées comme des «actes charnels contre nature». L’Afrique du Sud fait figure de précurseur dans cette région pour avoir ancré dans la loi l’égalité de traitement entre homosexuel-le-s et hétérosexuel-le-s. Mais en 2012 encore, entre juin et novembre, sept personnes LGBT étaient assassinées du fait de leur identité sexuelle.

On relate, encore et toujours, dans le monde entier, des actes de violence commis par des personnes privées, qui ne sont ni poursuivis, ni punis par l’Etat. Tristement célèbres, les cas de «viols correctifs» notamment en Afrique du Sud ou «expéditions punitives», durant lesquels des personnes homosexuelles, ou supposées l’être, sont violées par des personnes hétérosexuel-le-s sous prétexte de les «guérir». Les défenseures-se-s des droits des LBGT ne sont pas mieux protégés: en juillet dernier, un activiste gay connu au Cameroun a été torturé et assassiné.

Loi discriminante et exactions en Russie

La situation des droits des personnes LGBT n’est pas seulement préoccupante dans des pays lointains. Sensibiliser et appeler à une meilleure protection des droits de ces personnes devient urgent aussi en Russie. En juin 2013, une loi contre la «propagande d’une orientation sexuelle non naturelle» est entrée en vigueur. Celle-ci restreint de manière drastique les libertés de réunion, d’expression et d’association des LGBT.

Les exactions contre les gays sont récurrentes dans le pays. Les homicides se sont multipliés. Ces derniers mois, plusieurs hommes ont été assassinés en raison de leur orientation sexuelle. Les coupables présumés, traduits en justice, ont avoué avoir agi par aversion pour les homosexuels. Des aveux qui, selon leurs avocats, pourraient être considérés au moment du verdict comme des circonstances atténuantes.

Les droits des LGBT sont aussi une question en Suisse. Vous trouverez de plus amples informations sur les débats actuels dans la rubrique identité sexuelle.

Sources

Articles sur des incidents homophobes dans le monde

Sources complémentaires

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