Update: 16.07.2014

Amnesty met en garde: la torture prospère partout dans le monde

Décharges électriques. Passages à tabac. Viols. Humiliations. Simulacres d'exécution. Brûlures. Privation de sommeil. Torture à l'eau. Longues heures dans des postures contorsionnées. Utilisation de tenailles, de substances médicamenteuses et de chiens. Voici quelques-uns des nombreux visages que peut prendre la torture.

Ce monstre que l’on pourrait croire en voie de disparition, mais qui prospère en réalité toujours plus, comme le démontre un rapport d’Amnesty international sur la torture en 2014. Ce rapport  indique que la torture reste pratiquée dans en tous cas 79 États parmi ceux qui ont ratifié la Convention contre la torture. Au cours de ces cinq dernières années, AI a par ailleurs signalé des cas de torture et d'autres mauvais traitements dans 141 pays de toutes les régions du monde.

La torture étant par nature entourée du plus grand secret, le nombre de pays qui la pratique est probablement encore plus élevé.

Double langage sur la torture

Mais comment se peut-il que l’interdiction de la torture soit si peu respectée alors qu’elle est pourtant clairement définie dans le droit international? L’interdiction de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants est une des garanties absolues du Pacte sur les droits civils et politiques. Par ailleurs, depuis 1984, 155 États (dont la Suisse) ont ratifié la Convention des Nations unies contre la torture. Un texte important qui comprend des dispositions concrètes pour faire de l’interdiction de la torture une réalité.

«Dans le monde entier, des gouvernements font preuve d'hypocrisie face à la torture. Ils l'interdisent à travers la législation mais l'encouragent dans la pratique», explique Manon Schick, directrice générale de la Section suisse d'Amnesty International.

En Europe aussi

La torture reste ainsi particulièrement courante lors de gardes à vue et de la détention provisoire, et pas uniquement dans les pays dictatoriaux. AI souligne ainsi dans son rapport que la torture reste communément pratiquée dans la plupart des ex-pays satellites de l’URSS. L’organisation rappelle également que plusieurs pays de l’Union européenne n'ont toujours pas mené d'enquêtes effectives sur les allégations de complicité de torture dans le cadre des opérations antiterroristes menées par les États-Unis.

Sur le plan helvétique, l’interdiction de la torture est avec l’abolition de la peine de mort l’un des axes prioritaires de l’engagement international de la Suisse en matière de droits humains. Mais la Suisse n'est pas exempte de tout reproche de traitements inhumains ou dégradants sur le plan national. L'on compte notamment parmi les points noirs la surpopulation carcérale et la question des vols spéciaux.

Campagne mondiale

Amnesty international a par le passé mené une grande campagne en faveur de l'adoption de la Convention contre la torture et joué un rôle important en terme de lobby. Trente ans plus tard, l’organisation lance une campagne mondiale, baptisée «Stop Torture». Son objectif: pousser les États à respecter les engagements pris dans la Convention contre la torture en faisant en sorte d’éradiquer réellement cette pratique et de mettre fin à l’impunité qui règne encore beaucoup trop souvent face aux auteurs. L’organisation a aussi mis dans ce but une pétition en ligne.

C’est dans le cadre de cette campagne qu’Amnesty a publié le rapport «La torture en 2014: 30 ans d’engagements non tenus», dans lequel sont entre autres aussi consignés les témoignages de victimes de torture provenant de cinq pays différents.

Sources

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