Update: 04.05.2016

Résolution de l'ONU sur la protection des défenseurs-ses des droits humains

Le 17 décembre 2015, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté une résolution sur la protection des défenseurs-ses des droits humains. Intitulée «Reconnaissance du rôle des défenseurs des droits de l’homme et de la nécessité de les protéger», elle fait suite à une initiative norvégienne. Malgré l'opposition véhémente de certains pays, la résolution a été adoptée à une nette majorité, et ce, également, grâce à la pression de plus de 180 ONG à travers le monde.

Date historique

La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) se félicite de la résolution.  «Jamais depuis la chute du mur de Berlin, il n'avait été aussi important de protéger ceux qui défendent nos droits fondamentaux», a-t-elle souligné Partout dans le monde, des Etats répressifs usent et abusent de vagues formules telles que "sécurité nationale", " lutte contre le terrorisme" ou " agents de l’étranger" dans le but de museler les défenseurs-ses des droits humains.

En substance, la résolution vise à ce que les Etats puissent être tenus pour responsables des attaques contre les défenseurs-ses des droits humains et leurs proches. En outre, les Etats sont exhortés à libérer les militant-e-s des droits humains ayant été arrêté-e-s et retenu-e-s en raison de l'exercice de leurs droits fondamentaux, tels que la liberté d'expression ou la liberté de réunion.

Droits économiques, sociaux et culturels

Outre la protection des défenseurs et défenseuses, la résolution constitue une étape importante en vue de renforcer les droits économiques, sociaux et culturels dans le monde entier. Selon l’ONG International Service for Human Rights (ISHR), c’est la première fois qu’une résolution de l'ONU reconnaît l'enjeu et l’importance de ces droits, tant sur le fond que dans leur réalisation. «Car les attaques contre ceux qui luttent, par exemple, pour l’accès à un logement adéquat ou l'accès aux soins sont, en fin de compte, des attaques contre le droit au logement et le droit à la santé eux-mêmes», écrit l'organisation dans son communiqué.

Enfin, la résolution comprend une claire affirmation de la responsabilisation de l'économie mondiale envers les défenseurs-ses des droits humains. Les entreprises y sont encouragées à interagir avec les défenseurs-ses des droits humains et à identifier les activités qui nuisent à la protection des droits humains. De plus, les représentants de l’économie privée doivent, selon la résolution, respecter et ne pas interférer avec la liberté d'expression et avec la liberté de réunion des défenseurs-ses des droits humains.

Adoption significative malgré une forte opposition

La résolution a soulevé de vives protestations, de la part de la Russie et de la Chine notamment. Aux yeux de cette dernière, la résolution constitue un risque car elle permet aux pays occidentaux, sous couvert de protection des défenseurs-ses des droits humains, d’interférer dans les affaires internes de nations en voie de développement, mettant ainsi en danger leur stabilité sociale. Un argument qui a été balayé par une nette majorité de l’Assemblée. 127 Etats ont finalement voté en faveur de la résolution, 14 contre et 41 se sont abstenus.

Sources

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