Update: 16.10.2007

Journée mondiale de l’alimentation : des problématiques nouvelles

Le 16 octobre, déclarée Journée mondiale de l’alimentation par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), est l’occasion de rappeler que plus d’un tiers de la population mondiale souffre de graves insuffisances alimentaires, alors que la production de nourriture est largement suffisante. Le droit à l’alimentation est pourtant un droit fondamental, rappelle le Rapporteur spécial du droit à l’alimentation, le Suisse Jean Ziegler. Abondant dans le même sens, Louise Arbour, la Haut Commissaire des droits de l’homme, a demandé à ce que la lutte contre la faim dans le monde s’intensifie.

Si la personnalité et les méthodes de Ziegler suscitent des réactions divergentes, il n'en reste pas moins que son activisme a attiré l'attention des médias. «Il est devenu impossible pour un ministre de se comporter comme si le droit à l'alimentation n'existait pas», estime le directeur de l'Académie de droit international et des droits humains à Genève Andrew Clapham.  

Réfugiés de la faim

A l’occasion de la 62e Assemblée générale de l’ONU, Jean Ziegler a demandé aux Etats d’élaborer un nouveau nouvel instrument de droit international à l’attention des réfugiés de la faim. «Les réfugiés de la faim ne sont pas des réfugiés économiques. Ils luttent pour leur survie», soutient-il. Dans son rapport, le Rapporteur spécial estime que 12 millions supplémentaire de personnes souffrent de la faim par rapport à l’année passée, pour un total estimé à 854 millions d’affamés dans le monde en 2007.

Biocarburants problématiques

Parmi ceux-ci 70% sont des agriculteurs. D’où vient ce paradoxe ? Pour Ziegler comme pour certaines ONG, le développement de la production de biocarburants faits à base de plantes vivrières comme le maïs et les céréales porte une lourde part de responsabilité: le prix de denrées de base augmente, aggravant ainsi les situations de faim. Et de donner l’exemple suivant: pour faire le plein à 50 litres d’une voiture au biocarburant, il faut environ 200kg de maïs, soit de quoi nourrir une personne pendant un an. Le Rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation demande dans son rapport un moratoire de 5 ans.  

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