Guantanamo, huit ans d'existance, un décret, et après?

Le 22 janvier 2009, le tout nouveau président américain Barack Obama signait un ordre exécutif prévoyant la fermeture du centre de détention militaire de Guantanamo Bay à Cuba d'ici un an. Les organisation de défense des droits humains se réjouissent de cette décision. La fermeture de Guantanamo implique de nouvelles questions: quel avenir pour les détenus? seront-ils poursuivis ou relâchés? les responsables de Guantantmo seront-ils traduits en justice?

Nouvelles problématiques

"Bien que cette directive stipule que les cas de plus de 240 individus toujours détenus à Guantanamo soient réexaminés, de façon à déterminer ceux qui doivent continuer à être détenus, elle diffère toute décision concernant les bases sur lesquelles ces personnes seront gardées en détention", écrit Kenneth Roth, directeur de Human Rights Watch. On peut aussi se poser la question si l'administration Obama transférera Guantanamo sur le sol américain en fermant la base de Cuba, tout en en continuant à détenir certains individus sans les juger ni même les inculper ou si elle a l'intention de les poursuivre dans des Cours fédérales ordinaires, ou de les relâcher? Pour la section suisse d'Amnesty International, "il est également nécessaire qu’une enquête indépendante soit ouverte sur les actes commis à Guantánamo et que les responsables de violations des droits humains qui s’y sont produites soient traduits en justice."

Obama ferme Guantanamo

Le 22 janvier 2009, lendemain de son entrée en fonction, le président Barack Obama a signé un ordre exécutif prévoyant la fermeture du centre de détention militaire de Guantanamo Bay à Cuba d'ici un an - et ce, après huit ans d'existance. La veille, le 21 janvier, iObama avait anoncé la suspension, pendant 120 jours, des procédures judiciaires d'exception qui se rédoulent à Guantanamo, notamment celle visant les accusés du 11-septembre. A noter que le gouvernement suisse a fait savoir aux Etats-Unis sa disponibilité à accueillir des détenus libérés de Guantanamo, sous réserve d'une étude approfondie.

Rétrospective: Guantanamo ...5, 6, 7 ans déjà!

Les premiers prisonniers de la «guerre contre le terrorisme» sont arrivés sur la base américaine de Guantanamo (Cuba) le 11 janvier 2002. «Guantanamo est le symbole de la violation des droits fondamentaux des êtres humains» a déclaré Daniel Bolomay, secrétaire général de la section suisse d’Amnesty International. Pour la secrétaire générale de l’association Irène Khan, «la cruauté de cette détention illimitée augmente chaque jour davantage». Plus de 750 détenus de plus de 45 nationalités ont passé par là, au mépris de Conventions internationale et en toute impunité – 382 y sont détenus à l’heure actuelle, selon le CICR (qui rappelle que 626 détenus sont incarcérées dans la base US de Bagram, près de Kaboul). L’association de défense des droits humains Amnesty International appelle à la fermeture de la base américaine.

Nouvelle loi dans la «guerre contre le terrorisme»

Le 17 octobre 2006, une nouvelle loi nommée «Loi sur les commissions militaires» était promulguée aux USA: elle prive lis tribunaux américains de la possibilité d’examiner les requêtes en habeas corpus lorsque le plaignant est un étranger détenu sous contrôle américain en tant que «combattant ennemi» dans quelque pays que ce soit (soit à Guantanamo, en Afghanistan ou dans tout autre pays). Cette loi permet à la CIA de poursuivre son programme de détention s secrète, explique Amnesty.

Documents Amnesty International

Rapports dans les médias

Information supplémentaire

      25.03.2009