Israël boycotte l’examen périodique universel (EPU)

Israël est le premier pays à refuser toute collaboration avec le Conseil des droits de l’homme de l’ONU pour l’EPU. Lors du premier cycle entre 2008 et 2012, tous les États, y compris le gouvernement israélien, s’étaient soumis à «l’examen périodique universel».

Collaboration suspendue

Israël avait déjà suspendu sa collaboration avec le Conseil des droits de l’homme en mars 2012. Elle avait réagi à une résolution, qui lançait la première mission d’enquête internationale indépendante sur les conséquences des implantations israéliennes sur le territoire palestinien occupé. Le gouvernement de l’État hébreu s’est plaint une nouvelle fois d’être toujours la cible des critiques du Conseil des droits de l’homme, et ce de manière disproportionnée.

L’État hébreu crée un précédent

En devenant le premier État à tenter de boycotter l’EPU, Israël crée un précédent qui fragilise le système. L’EPU est une procédure durant laquelle tous les États sont censés être examinés par l’ensemble de leurs pairs. Chaque pays reçoit ensuite des recommandations, qu’il pourra décider d’accepter ou de rejeter.

Face à l’absence délibérée d’Israël, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a décidé le 29 janvier 2013 de repousser la date de la rencontre à novembre 2013 au plus tard. Le Conseil des droits de l’homme a chargé à son président de prendre toutes les mesures nécessaires pour qu’Israël reprenne les relations et empêcher ainsi que ce problème ne sape le principe d’universalité de l’EPU comme dialogue international constructif sur les droits humains.

Le 1er mars 2013, Israël a tout de même repris le dialogue avec le Conseil des droits de l'homme dans une lettre envoyée par l'ambassadeur d’Israël auprès des Nations Unies à Genève. Dans ce courrier, l'ambassadeur prend note de la lettre du président du Conseil et exprime son appréciation des efforts du président afin d’assurer le report de l’EPU d’Israël. Il conclut sa correspondance en se réjouissant de pouvoir continuer ce dialogue sur ce sujet et d’autres.

Contexte

L’EPU, qui a remplacé la Commission des droits de l’homme en 2006, est une des plus grandes réussites du Conseil des droits de l’homme. Certains États, dont Israël, avaient dénoncé la commission précédente comme étant trop partisane, car elle ne s’attaquait, selon eux, qu’à quelques pays.

L’examen périodique universel devait contrecarrer cela, en impliquant l’ensemble des États, sans exception, dans la procédure. Or, c’est assez ironique de voir aujourd’hui Israël remettre en question l’universalité d’un mécanisme, qui est justement censé renforcer l’impartialité du Conseil des droits de l’homme.

Écho mondial

Le Conseil des droits de l‘homme de l’ONU a annoncé qu’il regrettait le fait qu’Israël se mette ainsi à l’écart et a demandé à l’État hébreu de reprendre sa collaboration avec l’organe de l’ONU.

15 ONG israéliennes et palestiniennes actives dans le domaine des droits humains ont critiqué l’attitude d’Israël. Les organisations rappellent, dans un communiqué commun, que ce refus du gouvernement israélien de coopérer avec une institution onusienne est le dernier en date d’une longue série.

Plusieurs ONG internationales, comme Amnesty International, se sont montrées très préoccupées par l’absence délibérée d’Israël et ses conséquences. International Service for Human Rights a appelé le Conseil des droits de l’homme à développer une procédure claire pour gérer à l’avenir le refus d’un pays de coopérer.

Sources

08.03.2013