Réactions autour de l'élection des USA au Conseil des droits de l'homme

Les Etats-Unis sont entrés dans le Conseil des droits de l'homme de l'ONU le 12 mai 2009, à l'occasion de l'élection par l'Assemblée générale des 18 nouveaux pays membres du Conseil (CDH), qui en compte 47. La présence américaine au CDH dénote non seulement d'un changement radical dans l'administration de Washington, elle suscite également un certain espoir de dialogue plus dynamique et constructif au sein même du Conseil. L'entrée étasunienne dans cet important organe des droits humains est généralement saluée par les experts et par la société civile. Outre les Etats-Unis, quatre autres pays ont été nouvellement élus: Belgique, Hongrie, Kirghizstan et Norvège. De son côté, la Suisse ne s'est par resprésentée: elle préfère attendre un an avant de postuler pour un nouveau mandat de trois ans. En attendant, elle participera aux sessions comme pays observateur.  

Réactions à Genève

Pour Peter Splinter, représentant d’Amnesty International à Genève, le Conseil gagne en crédibilité. Doudou Diène, ancien rapporteur spécial de l’ONU sur la discrimination raciale, parle de légitimité : «Quelles que soient les dérives récentes qu’on connaît, les USA ont une histoire et une expérience à partager sur les libertés individuelles et les questions de racisme.» Andrew Clapham, directeur de l’Académie de droit international humanitaire et de droits humains (ADH) confirme, pour lui, la présence de la puissance occidentale constitue aussi un garde-fou contre le danger d’une interprétation « à la carte » des droits humains.  Plusieurs observateurs se réjouissent aussi qu’avec une autre manière de négocier, les USA parviennent à renforcer un dialogue parfois polarisé.

Engagement des Etats-Unis

Esther Brimmer, Secrétaire d'État adjointe chargée des organisations internationales, s'exprime à propos de l'engagement des USA dans le Conseil des droits de l'homme: «Nous devons œuvrer ensemble afin de guider le Conseil des droits de l'homme loin des préjugés politiques et de tout cynisme, pour qu'il retrouve le rôle qui lui a été confié, servir de tribune impartiale, crédible et efficace pour faire avancer les droits de l'homme. Ainsi donc, les États-Unis s'engagent à œuvrer avec leurs partenaires internationaux dans un esprit d'ouverture et de respect, afin d'examiner les sujets de préoccupation des droits de l'homme dans chaque pays, y compris chez eux. Nous élèverons la voix pour défendre les victimes d'abus et d'oppression dans le monde entier. Nous allons promouvoir activement la liberté de religion pour toutes les croyances. Nous défendrons la liberté d'expression et la liberté des médias, et lutterons contre le racisme, la discrimination et les actes de violence motivés par la haine raciale ou ethnique. »

Rélexion critique de Vaclav Havel

L'ancien président tchèque Václav Havel a partagé quelques commentaires critiques à propos de l'élection des membres du CDH dans un entretien avec le journal tchèque Hospodářské Noviny. Il s'insurge que pour 18 sièges libres, seuls 20 pays se sont portés candidats, ce qui ne donne pas beaucoup de choix quand il s'agit d'élire des défenseurs qualifiés des droits humains. La région sud-américaine, qui compte de nombreuse démocratie, permet ainsi à Cuba d'être l'un de ses représentants. De même, l'Asie accepte sans conditions que ses cinq sièges soient pourvus de pays comme la Chine ou l'Arabie Saoudite. En Europe de l'Est, ce sont l'Azerbaïdjan et la Russie qui se disputent un siège, deux pays reconnus pour leur bilan douteux en matière de respect des droits humains.  «Comme les citoyen de Chine, de Cuba ou de Russie, je sais ce que c'est que de vivre dans un pays où l'Etat contrôle le débat public, où l'opposition est réprimée et où la liberté de parole est restreinte. »

24.05.2009