Contrôle d’armes : un réseau en pleine croissance

Amnesty International et TransArms dénoncent les méthodes de négoce de plus en plus sophistiquées permettant de vendre des armes dans les pays en voie de développement. Parmi les exemples cités figurent des entreprises établies en Suisse.

Amnesty International (AI) a publié le 10 mai un rapport intitulé «Dead on Time – arms transportation, brokering and the threat to human rights». Ce dernier illustre la nature secrète, irresponsable et non régulée de nombreuses opérations de transport et de commerce d’armes, pars le biais d’études de cas. Pour Brian Wood, responsable  de la recherche sur le commerce des armes et de la sécurité à AI, les «contrôles douaniers sont souvent insuffisants et, encore aujourd’hui, seuls 35 États environ ont pris la peine de voter des textes de loi relatifs au négoce des armes: de nouvelles catastrophes dans le domaine des droits humains sont quasiment inévitables». Le rapport émet une série de recommandations pour un contrôle des armes réel et rigoureusement appliqué, fondé sur des textes de loi internationaux cohérents.

En Suisse aussi

Le rapport cite en exemple: implication d’une armurerie sise dans le canton de Bâle-Campagne dans le transport clandestin de milliers d'armes et de millions de cartouches vraisemblablement vers l'Irak; partenariat avec une compagnie israélienne opérant à partir de la Suisse avec un partenaire commercial également basé en Suisse, pour l’exportation d'importants stocks d'armes à partir de la Serbie Monténégro vers l'Irak et l'Afghanistan. Pour AI, ces activités sont «probablement inattaquables» sur la base du droit suisse. Elles soulignent néanmoins la «responsabilité morale» qui revient à ces sociétés dans les nombreuses violations des droits humains en Irak et en Afghanistan.

Le rapport

16.05.2006