Update: 26.03.2012

La Ville de Genève se dote d’un poste dédié aux questions LGBT

A la suite du suivi des Assises contre l'homophobie en octobre 2011 et dans le cadre du lancement d'une «Coalition des villes contre l'homophobie», la Ville de Genève développe son dispositif de lutte contre les discriminations basées sur l'orientation sexuelle. Un poste dédié aux questions LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) a été créé sur demande des milieux associatifs. Ils désirent un relais dans l’administration afin d’acquérir plus de légitimité. C’est la première fois en Suisse qu’un poste d’une administration municipale se consacre à la lutte contre l’homophobie. Ce poste d’adjoint-e scientifique chargé-e de projets va renforcer le service Agenda 21-Ville durable de la Ville de Genève. Parallèlement, un deuxième poste a été créé dans le même service pour s’occuper des questions de la diversité culturelle en Ville de Genève.

Ces postes avaient été chichement accepté en décembre par le Conseil municipal de la Ville de Genève lors des discussions sur le budget 2012. Opposée au projet, la droite proposait d’augmenter les allocations aux milieux associatifs plutôt que de créer ces postes qui, selon elle, revenaient aux associations. Un tel poste répond pourtant aux recommandations internationales faites à la Suisse.

Institutionnaliser la problématique LGBT

«Il s’agit non seulement de prolonger l’action des milieux associatifs, mais également d’intégrer la diversité comme un atout au sein de l’administration», déclarait en janvier au Courrier Sandrine Salerno, en charge du département des finances et du logement. Si le détail du cahier des charges reste encore à définir, l’idée de base est claire: mettre en place une stratégie politique de lutte contre l’homophobie en ville de Genève. Le poste servira aussi de point de contact à la ville de Genève pour les personnes et les organisations concernées. Il permettra d’apporter un appui, financier et logistique la plupart du temps, aux projets des organisations LGBT. Déjà existant, ce soutien sera renforcé avec le nouveau poste qui donnera aussi plus de légitimité aux associations actives dans ce domaine.

Sur le fond, ce poste servira à institutionnaliser la problématique LGBT. «C’est une reconnaissance de la part de la Ville sur l’existence de l’homophobie», explique Fátima Cilene de Souza, chargée de l'égalité à la Ville de Genève qui s’occupe ponctuellement de dossiers LGBT en attendant que le nouveau poste soit pourvu. «C’est une manière de dire une bonne fois pour toute que c’est un problème, à Genève comme ailleurs dans le monde. Cette reconnaissance de l’homophobie représente le premier pas pour aller de l’avant dans cette lutte». La création d'un poste dédié aux questions LGBT rejoint ainsi les recommandations de la société civile en vue du prochain examen périodique universel (EPU) de la Suisse en 2012. Les 47 ONG de la coalition pour l'EPU de la Suisse, mise sur pied en 2011, ont ainsi déjà souligné l'ancrage institutionnel manquant sur cette thématique. Contrairement à d’autres minorités discriminée, il n’existe en Suisse aucune institution ou bureau spécialisé au niveau national. Certains cantons disposent en revanche de délégués aux questions d’homophobie.

Coalition internationale des villes contre l’homophobie

La création de ce poste s’inscrit aussi dans le lancement d’une «Coalition des villes contre l’homophobie» par Genève. Sur le modèle de la coalition internationale des villes contre le racisme lancée en 2004 à Nuremberg, la motion 949, acceptée à l’unanimité le 24 novembre 2010 par le Conseil municipal, incite la Ville de Genève a faire de même pour les discriminations basées sur les préférences sexuelles. Selon la motion, la Ville se doit de réagir face à ces discriminations en tant que capitale des droits humains et hôte du Conseil des droits de l’homme. Cette initiative a été dynamisée en juin 2011 par l’ONU, qui a reconnu de façon spectaculaire la question LGBT en adoptant une résolution contre les discriminations et les violences en raison de l'orientation ou l'appartenance sexuelle. 

Sources

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