28/08/2007

Tabou de la pauvreté des enfants: enfin une priorité fédérale?

Les enfants et les jeunes pauvres sont nombreux en Suisse, mais rarement considérés indépendamment du dossier familial d’aide sociale. Outre Caritas et Enfants Lobby Suisse, qui rappellent cette constatation régulièrement, la Commission fédérale pour l'enfance et la jeunesse (CFEJ) a présenté fin août 2007 un rapport comprenant des faits, des analyses et des recommandations politiques. Ce sujet tabou devrait enfin recevoir l’attention nationale qu’il mérite.

Lien entre formation et pauvreté

La pauvreté des enfants et des jeunes découle souvent de la précarité matérielle du ménage dans lequel ils vivent. Les facteurs de pauvreté – souvent liée à l’exclusion – sont d’un caractère complexe car multidimensionnel. Selon la CFEJ, environ 45% des bénéficiaires de l'aide sociale en Suisse ont moins de 25 ans (contre 1,5% pour les plus de 65 ans). Les enfants et les jeunes concernés ont généralement des parents au chômage, vivent dans une famille monoparentale, sont issus de familles migrantes ou ont plus de deux frères et sœurs. Près de 70% des jeunes adultes à l'aide sociale n'ont en effet pas achevé de formation professionnelle.

Stratégie nationale de lutte contre la pauvreté enfantine

L'intégration économique et sociale des jeunes générations est vitale pour l'avenir de la Suisse ; c'est pourquoi la CFEJ demande que la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes devienne une priorité nationale et propose une série de mesures. «Pour nous, toutes ces mesures sont importantes car nous réclamons une stratégie globale pour prévenir la pauvreté et l'exclusion sociale, souligne Chantal Ostorero, spécialiste du dossier. Certaines sont néanmoins un peu plus importantes, comme l'aide à l'éducation ou la promotion de l'intégration linguistique ou sociale».

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