Pauvreté enfantine en Suisse

La pauvreté touche aujourd’hui un enfant sur 10 en Suisse. Les jeunes qui grandissent dans la pauvreté sont désavantagés à plusieurs niveaux: la pauvreté influe sur leur état de santé, mais ce sont avant tout l’exclusion de la vie sociale, l’inégalité face aux perspectives et aux chances de formation, le manque de reconnaissance voir le mépris qui affectent la vie des enfants en situations de pauvreté. Le grand public n’y prête pas grande attention, car ces enfants sont assimilés aux familles à faible revenu. Le débat autour du tabou de la pauvreté en Suisse semble pourtant gagner en importance.

Lien entre formation et pauvreté

La pauvreté des enfants et des jeunes découle souvent de la précarité matérielle du ménage dans lequel ils vivent. Les facteurs de pauvreté – souvent liée à l’exclusion – sont d’un caractère complexe car multidimensionnel. Selon la CFEJ, environ 45% des bénéficiaires de l'aide sociale en Suisse ont moins de 25 ans (contre 1,5% pour les plus de 65 ans). Les enfants et les jeunes concernés ont généralement des parents au chômage, vivent dans une famille monoparentale, sont issus de familles migrantes ou ont plus de deux frères et sœurs. Près de 70% des jeunes adultes à l'aide sociale n'ont en effet pas achevé de formation professionnelle.

Stratégie nationale de lutte contre la pauvreté enfantine

Mi-mai 2006, l’Office fédéral de la statistique (OFS) présentait une étude sur l’aide sociale dont les données ont été collectées de façon unifiée au niveau national. Elle montre notamment que l’aide sociale aux enfants en dessous de 10 ans est la plus élevée (5%). Ainsi, ceux et celles qui appartiennent au plus jeune groupe d’âge de notre société seraient la population à risque en matière de pauvreté.

Outre Caritas et Enfants Lobby Suisse qui rappellent régulièrement cette constatation, la Commission fédérale pour l’enfance et la jeunesse (CFEJ) présentait fin août 2007 un rapport comprenant des faits, des analyses et des recommandations politiques. L’intégration économique et sociale des jeunes générations est vitale pour l’avenir de la Suisse ; c’est pourquoi la CFEJ demande que la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes devienne une priorité nationale et propose une série de mesures, telles que renforcer l’engagement des collectivités publiques pour développer les capacités d’accueil extra-familial, généraliser les devoirs surveillés, renforcer la responsabilité de l’Etat en matière d’insertion des jeunes dans le monde professionnel, introduire des prestations complémentaires pour les familles à revenu modeste ou offrir à chaque enfant et chaque jeune la possibilité de se dépenser physiquement. «Pour nous, toutes ces mesures sont importantes car nous réclamons une stratégie globale pour prévenir la pauvreté et l'exclusion sociale, souligne Chantal Ostorero, spécialiste du dossier. Certaines sont néanmoins un peu plus importantes, comme l'aide à l'éducation ou la promotion de l'intégration linguistique ou sociale».

Documents de la CFEJ

Dans la presse

Pauvreté: information contextuelle

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17.07.2009