Update: 09.12.2014

La Suisse entière derrière les droits humains en prévision du 10 décembre

Alors que l’on fête les 40 ans de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) en Suisse et que les attaques frontales de l’UDC contre la CEDH sont de plus en plus virulentes, c’est un soulèvement général pour les droits humains qui a soulevé la Suisse en prévision de la journée des droits de l'homme du 10 décembre 2014.

Les partis soutiennent la CEDH

Ainsi les président-e-s de tous les partis officiels à l’exception de l’UDC ont aujourd’hui publié une prise de position unanime pour un soutien inconditionnel à la CEDH. Le PS, le PDC, le PLR, les Verts, les Verts Libéraux, le PBD et le PEV affirment ensemble que la CEDH  «représente les valeurs fondamentales européennes communes et une partie importante de la tradition humanitaire de la Suisse. Une restriction de ces droits fondamentaux reviendrait à affaiblir la démocratie, la sécurité et la liberté.» Un engagement clair et sans appel que humanrights.ch salue et qui s’adresse très certainement également à Dean Spielmann, président de la Cour européenne des droits de l'homme, qui a tenu le 9 décembre 2014 un discours devant l’Assemblée fédérale réunie.

La société civile donne de la voix

Alors que les partis se mêlent au débat sur la CEDH, la société civile elle aussi donne de la voix. Depuis le 27 novembre 2014, date à laquelle l’association Dialogue CEDH a lancé sa campagne d’information sur la CEDH en Suisse «Facteur de protection D – Les droits humains nous protègent», une trentaine d’organisations et plus de 1700 personnes ont signé son appel «Assumons nos responsabilités pour les droits humains!». Dans un communiqué de presse publié le 9 décembre 2014, l’association se félicite du soutien du monde politique à la Convention et appelle les partis à accompagner cet engagement par des actes. En effet, c’est justement demain, Journée même des droits de l’homme, que le Conseil des États débattra de la mise en oeuvre de l’initiative sur le renvoi et de l’initiative de mise-en-oeuvre et prendra sa décision. En cohérence avec l‘Appel, Facteur de protection D demande au Conseil des États de corriger la décision prise par le National le 20 mars 2014. Afin d’appliquer à lettre l’initiative de l’UDC, une majorité du National avait alors accepté de reprendre l’automatisme des renvois. Une décision qui ne tient compte ni des droits fondamentaux inscrits dans notre Constitution ni des garanties de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH).

Une deuxième campagne pour les droits humains

Par ailleurs, Pro Juventute a annoncé décembre 2014 dans la presse alémanique une campagne nommée «Menschenrechte sind Schweizer Rechte». Une bonne nouvelle en soit, si ce n’était le fait que cette campagne annoncée semble être menée en toute hâte et sans réelle coordination. Le fait que, dans l’article de lancement, il a été dit que l’interdiction de la torture ne fait pas partie du noyau dur du droit international en est symptôme. Un site romand créé à la va vite avec un premier titre ne signifiant absolument rien en français est également peu réjouissant.
Les responsables de cette campagne seraient de fait bien inspirés de se mettre en réseau avec Dialogue CEDH afin d’éviter ce genre de bévues et l’impression que cela donne qu’ils tentent de récupérer la question des droits humains uniquement afin de se profiler dans le paysage médiatique.

Sources

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