Update: 14.03.2007

Discrimination des jeunes étrangers en recherche d’apprentissage

Une étude du Fonds national suisse (FNS) publiée en mars 2007 a démontré que les moyennes et petites entreprises (PME) appliquent un traitement inégalitaire en termes de sexe et de nationalité lorsqu’ils sélectionnent leurs apprentis. Menée dans le cadre du Programme national de recherche « intégration et exclusion », l’étude a également montré que les critères économiques passent avant les compétences scolaires. En Suisse, 90% des places d’apprentissage émanent des PME. Alors que les grandes entreprises appliquent une procédure qui prévoit successivement un dépôt de candidature, un test d’aptitude et un assessment, le shéma de sélection des PME est le même, mais appliqué de façon plus disparate.

« Discrimination institutionnelle »

Ainsi, la décision de ne pas retenir tel ou tel candidat est avant tout déterminée par des doutes quant à sa «capacité à convenir l’entreprise». Les jeunes d’origine étrangère sont défavorisés, notamment ceux qui ne viennent pas de pays de l’UE, comme l’ex-Yougoslavie ou la Turquie. Motifs invoqués: les déficits linguistiques et scolaires des concernés, même si l’étude démontre que les résultats scolaires ne joue qu’un rôle de second plan dans l’attribution d’une place d’apprentissage. Les véritables motifs pour ne pas retenir une candidature sont plutôt de nature émotionnelle: on craint que les jeunes étrangers ne suscitent des conflits au sein de l’entreprise et ne drainent une clientèle indésirable.

Garçons désavantagés

De même, le sexe joue un rôle dans la sélection : alors que les femmes ont de plus en plus accès aux métiers masculins, les jeunes hommes se retrouvent exclus de professions typiquement féminines. Par exemple, comme assistant médical, on craint qu les garçons ne compromettent le bon fonctionnement du cabinet.

Christian Imdorf, chercheur et spécialiste dans le domaine de la formation et auteur de l’étude, souligne que cette «discrimination institutionnelle» n’est pas due à de la malveillance, mais au souci de garantir la survie économique de l’entreprise.

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