Le réseau des centres de consultation pour victimes du racisme publie son rapport pour 2016

Une grande partie des incidents racistes signalés aux centres de conseil concernent le monde du travail, comme le montre le rapport 2016 du Réseau de centres de conseil pour les victimes du racisme. Les formes de discrimination les plus fréquentes sont les insultes, les traitements dénigrants et les inégalités de traitement. La xénophobie vient en tête des motifs, suivie par le racisme anti-Noirs, en augmentation par rapport à 2015.

Racisme anti-Noirs en haut du classement

Les 199 cas de discrimination raciale analysés ont été enregistrés par les 26 centres membres du Réseau de centres de conseil pour les victimes du racisme, présents dans l’ensemble de la Suisse. Le rapport 2016 confirme la tendance nette qui se dégage depuis de nombreuses années: le monde du travail reste l’un des domaines les plus touchés par la discrimination, avec 33 incidents recensés. Après la xénophobie en général, le racisme anti-Noirs (70 incidents) est le motif de discrimination le plus fréquemment signalé. Vient ensuite l’hostilité à l’égard des personnes musulmanes (31 cas), dont le recul de 6 points de pourcentage par rapport à 2015 doit être relativisé au vu de l’augmentation des cas de racisme anti-Arabes. Avec 17 cas, ce dernier a connu une hausse de 7 points de pourcentage par rapport à 2015.

Courant 2016, les centres de conseil ont en outre signalé 123 cas qui ont été perçus comme discriminatoires par les personnes concernées, mais pour lesquels les spécialistes des centres estimaient ne pas disposer de base objective suffisante permettant de les qualifier de discrimination raciale. Ces incidents sont répertoriés séparément dans le rapport. La distinction systématique entre ces cas de discrimination subjective et les cas de discrimination raciale recensés et analysés pourrait expliquer l’évolution enregistrée par rapport à 2015, à savoir la baisse de ces derniers (- 40) et l’augmentation des premiers (+ 34).

Le rapport propose des graphiques synthétisant l’analyse statistique des incidents recensés par les centres de conseil ainsi qu'une vaste palette d’exemples illustrant le phénomène du racisme. Il met en lumière la qualité et la diversité qui caractérisent depuis des années le travail des centres de conseil. Ceux-ci fournissent en effet des informations générales et des conseils juridiques, apportent un soutien psychosocial mais aussi une précieuse contribution en matière de résolution des conflits.

Les données recensées par les 26 centres de conseil sont agrégées par l'association humanrights.ch puis analysées en collaboration avec la Commission fédérale contre le racisme (CFR).

Le rapport 2016 sur les incidents racistes recensés par les centres de conseil est disponible en français, en allemand et en italien. Il peut être téléchargé à l’adresse www.network-racism.ch ou commandé auprès du Réseau de centres de conseil pour les victimes du racisme, Hallerstrasse 23, 3012 Berne, tél. 031 301 92 75, beratungsnetz@humanrights.ch.

Autres rapports annuels sur les cas de racisme en Suisse

Le rapport du réseau des centres de conseil n’est pas le seul à être publié en Suisse. Il existe trois autres rapports recensant les cas de racisme, qui mettent chacun l’accent sur un aspect spécifique. Le Service de lutte contre le racisme (SLR) de la Confédération les utilise, entre autres sources, pour établir son état des lieux sur la «Discrimination raciale en Suisse», qui paraît tous les deux ans. La prochaine édition, la troisième, est prévue pour octobre 2017.

Le rapport sur le racisme de la Fondation contre le racisme et l’antisémitisme (GRA) et la Société pour les minorités en Suisse (GMS) thématise des incidents racistes survenus en 2016. L’article thématique de Fabian Eberhard s’intéresse quant à lui aux milieux de l’extrême droite en Suisse.

Chaque année, la Fondation Suisse des communautés israëlites (FSCI) s’associe au GRA pour publier un rapport sur l’antisémitisme. Ce rapport regroupe les cas mentionnés et les cas connus d’antisémitisme en Suisse alémanique. Le rapport 2016 démontre que l’antisémitisme n’est pas l’apanage des seuls mouvements d’extrême droite.

L’Organisation CICAD publie de son côté annuellement un rapport sur l’antisémitisme en Suisse Romande.

10.04.2017