En Suisse, il faut encore lutter contre l'homophobie

Un homosexuel sur deux de la région lémanique a subi une forme d’homophobie, indique une enquête présentée à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie le 17 mai 2006 (en souvenir du 17 mai 1990, jour où l’OMS a retiré l’homosexualité de la liste des maladies mentales), . Le plus souvent, il s’agit de moqueries, de propos discriminatoires, voire d’insulte, précise François Haakel-Chijner, secrétaire général de Dialogai, association genevoise qui a mené l’étude. Mais une personne sur dix a été agressée physiquement en raison de son homosexualité, parfois jusqu’au viol.

Et, si en juin 2005, une majorité de Suisses reconnaissaient la légitimité des couples de même sexe, l’homosexualité demeure un problème pour les 42 % de la population qui a voté contre le partenariat enregistré. Fort de ce constat, naissait l’idée d’un observatoire de l’homophobie au niveau romand : celui-ci veillerait à recueillir des données sur divers terrains –école, entreprise, famille, corps médical, police...– afin de se donner les moyens d'exercer un lobbying auprès des instances politiques dans le but d'inscrire, au même titre que le racisme, l'homophobie dans le Code pénal suisse. Le fait que l’homophobie soit condamnable selon la loi fédérale encouragerait peut-être les quelques 70% de personnes gays et lesbiennes qui, victimes d’agression physique, n’ont jamais osé porter plainte. Un travail de sensibilisation et d'information important reste à faire.


17.05.2006