Le MCP a collaboré avec Guantanamo

Le Ministère public de la Confédération (MPC) a demandé aux autorités américaines de monter des photographies d’islamistes suisses présumés aux détenus de Guantanamo. Révélée par le Blick le 29 janvier 2007, cette information a provoqué l’ire des parlementaires, experts en droit international et organisations des droits humains. Au courant (il s’était déjà expliqué en septembre 2006), le Conseil fédéral déclare que le MPC a fait appel à « la voie prévue par la procédure d’entraide judiciaire » avec les services de policière judiciaire américaine, compétente pour les bases aériennes et donc également Guantanamo. L’affaire risque de rebondir lors de la prochaine session parlementaire.

La Suisse cautionne-t-elle ainsi la torture ?

L'organisation des droits de l'homme Amnesty International se dit choquée : elle dénonce le «double langage» de la Suisse. D'une part, elle exige que le chapitre consacré à l'interdiction de la torture dans les Conventions de Genève dont elle est dépositaire soit respecté à Guantanamo. Dans le même temps, son MPC collabore avec les institutions responsables des mauvais traitements infligés aux prisonniers dans la base américaine, dénonce Jürg Keller, porte-parole d'Amnesty. Et de rappeler que la Suisse a signé la Convention internationale contre la torture,  qui interdit à tout tribunal d'utiliser des informations obtenues sous la torture.

A propos du MPC et de l’affaire en question

Le Ministère public de la Confédération est une autorité de poursuite pénale et dirige les recherches de la police judiciaire dans des affaires qui, en vertu des articles 336 et 337du code pénal suisse (CP), relèvent de la juridiction fédérale. La démarche du MPC s'inscrivait dans le cadre d'une enquête sur cinq Yéménites, un Somalien et un Irakien jugés par le Tribunal pénal fédéral à Lugano. Ils sont accusés notamment d'avoir des «liens avec des organisations terroristes».

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30.01.2007