Etude sur l’extrémisme de droite en Suisse : ignoré ou exagéré

Une divergence inquiétante existe entre l'image que les sociétés libérales occidentales se font d'elles-mêmes et un besoin marqué d'identité nationale et de défense face à l'étranger que ressentent nombre de leurs citoyens. C’est ce qui ressort des conclusions du Programme national de recherche  (PNR 40+) au sujet de l’extrémisme de droite en Suisse, présentées le 24 février 2009. L’étude, lancée en 2003 par le Conseil fédéral et menée sous la direction du Prof. Marcel Niggli, avait pour but d’en savoir plus sur les conditions d'origine, les formes d'expression, la propagation et les conséquences des activités et attitudes d'extrême droite en Suisse

Surtout les jeunes

« Même si ces sociétés rejettent l'extrémisme de droite, indiquent les chercheurs dans leur communiqué de presse, une part importante de leur population présente des attitudes xénophobes et racistes. » Ainsi, l'extrémisme de droite existe bien en Suisse, à hauteur potenitelle de 4% selon les estimations. Les auteurs de l’étude observent qu’il concerne en premier lieu les jeunes et les jeunes adultes. Les attitudes et comportements d'extrême droite représentent pour ces derniers un moyen de se démarquer ou de se «suradapter» lors de certaines phases de transition de leur vie. Pourtant, selon Marcel Niggli, la violence de cette mouvance ne représenterait pas une menace aigüe pour l’Etat de droit démocratique.

Rôle pionnier du populisme de droite

En Suisse, le populisme de droit a une longue tradition et joue un rôle pionnier depuis les années 1960. Les chercheurs ont observés que lorsqu’il gagne en importance, les acteurs d'extrême droite font l'objet d'une attention soutenue, notamment de la part des médias. En effet, le système médiatique a mis en avant le spectaculaire et a eu tendance à exagérer la thématique de l'extrême droite tout en la traitant de façon moralisatrice. « Ce phénomène empêche un débat fondé sur les faits à l'égard de ce problème qui concerne l'ensemble de la société, mais aussi la mise en œuvre les éventuelles solutions. »

Système de monitoring

Parmi les projets compris dans l’étude, différents aspects de la question ont été abordés, comme par exemple le lien entre l’extrémisme et le radicalisme de droite, le rôle des partis populistes de droite et son influence sur la politique migratoire suisse, les jeunes victimes et les jeunes extrémistes, le rôle de l’éducation familiale, le lien avec le phénomène du hooliganisme. Le rôle de la prévention a également été examiné, mais son efficacité semble difficile à prouver. Pourtant, l'étude tenda à montrer qu'un relevé régulier de la xénophobie, du racisme et de l'extrémisme de droite favoriserait cette sensibilisation de la population suisse à l'extrémisme de droite. Le Conseil fédéral a décidé de mettre en place un système de monitorage correspondant.

Dans la presse

 

 

26.02.2009