Genève propose une consultation pour les victimes de tortures

Un réfugié sur cinq, en Suisse, a été victime de tortures dans son pays. 61% d’entre eux ont des antécédents traumatiques (guerre, famine). A cela s’ajoute, pour les requérants en attente du statut de réfugié ou, plus particulièrement pour les personnes sans statut légal, la précarité et l’angoisse d’être expulsé.

A Genève, les hôpitaux universitaires et la Croix-Rouge Suisse proposent depuis deux mois au Centre Santé Migrant (CSM) une consultation pour les victimes de tortures. « Souvent, les réfugiés souffrent davantage de séquelles de violence que de maladies tropicales. Cette consultation ne se contente pas de soigner les corps, des psychologues aident aussi les requérants, brisés par la violence, à retrouver des compétences sociales » expliquait le docteur Laurent Subilia, responsable du CSM, à swissinfo. Sa consultation accueille déjà une centaine de patients. Outre les réfugiés et les requérants, il traite également des membres d’ONG qui ont besoin d’un soutien après des missions particulièrement éprouvantes. Notons qu’en Romandie, plusieurs hôpitaux fournissent des soins à bon marché, voir gratuits, aux sans-papiers (cf ci-dessous). « Il n’y a pas de limitation dans l’accès au soin pour les sans-papiers », rappelle Hans Wolff, médecin à l’UMSCO.

Sur le plan psychologique, le rétablissement peut prendre six mois ou plusieurs années, selon le médecin. Avec une prise en charge, la dépression et l’anxiété deviennent gérables, ce qui n’empêche pas à la souffrance de rester, aux souvenirs terrifiants d’être gardés dans un coin de mémoire. Fragilisé par leur traumatisme, les conditions de vie actuelle déterminent la bonne santé d’une victime. La précarité continue, l’éloignement familial, l’inactivité professionnelle, la pression administrative, les longs délais précédant une réponse ont des effets dévastateurs.

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