Baisse des prix et des droits sociaux dans le commerce de détail

À l’annonce de l’ouverture en mars 2009 du premier magasin Lidl en Suisse, les prix dans les supermarchés locaux ont amorcé une première baisse, que les consommateurs ont certainement appréciée. Mais que ce cache-t-il derrière cette guerre des prix ? En Suisse, le potentiel de baisse de prix dans le commerce de détail est plutôt limité. La pression sur les fournisseurs et sur l’économie en coûts de personnel a donc augmenté.

Diminuer les coûts de personnel a un prix

En 2005, une basse de prix avait déjà été observée sur le marché suisse avec l’arrivée d’Aldi, autre grand hard discounter allemand. De fait, les prix ont diminué de 10% au cours de ces dernières années. De même, les droits sociaux des employés d’Aldi – et de Lidl à voir leur personnel ailleurs en Europe – ont diminués. Aldi propose quasi exclusivement des emplois à temps partiel dont les salaires mensuels sont suffisamment bas pour qu’il n’y ait ni cotisations au deuxième pilier, ni assurance maladie collective. En outre, les contrats sont tous assortis d’une clause de non-concurrence qui interdit aux salariés d’exercer un second emploi dans le commerce de détail et soumet toute activité accessoire dans une autre branche à l’autorisation écrite de l’employeur. L’emploi est donc précaire, et exclusif. L'arrivée de Lidl remet la pression sur la concurrence, et Migros a déjà aumgenté en juillet 2008 les horaires de travail de 8000 de ses employés de 41 à 43 heures par semaine, augmentation combattue par le syndicat Unia.

Aggraver les conditions de travail déplorables du Sud

Tout aussi précaires, voire plus, sont les conditions de travail des employés des usines des pays du Sud, fournisseurs de ces grands distributeurs. La Déclaration de Berne attire l’attention sur la publication, le  10 février 2009, du rapport Cash !, publié par la Campagne Clean Clothes (CCC). Celui-ci dénonce les pratiques commerciales des géants de la distribution Walmart, Tesco, Carrefour, Lidl et Aldi, qui accentuent de manière systématique la pression sur les fournisseurs. Ils profitent en effet de leur taille et de leur énorme part de marché dans de nombreux pays pour faire pression sur les prix de leurs fournisseurs et obtenir des délais de livraison toujours plus courts. Cette politique d’approvisionnement est l’un des obstacles majeurs à la mise en œuvre des standards internationaux, que ces grands distributeurs se sont pourtant engagés à faire respecter. Soutenue par 19 organisations dont la Déclaration de Berne, la campagne 2009 « It’s time for a better bagrain » a été lancée.

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