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Surprenant accord final

Personne ne s’attendait à ce que les représentants de quelques 140 Etats se mettent d’accord sur la déclaration finale dès le deuxième jour de la Conférence sur le racisme ! Elle a été adoptée par acclamation le 22 avril 2009. La Suisse, pays hôte de la conférence, a salué cette adoption et la ministre des affaires étrangères a qualifié celle-ci de « réponse appropriée ».

Lutte contre le racisme au centre

Peu après 16h, le président de la conférence Amos Wako, interrompt le tournus des intervenants et annonce que le texte en discussion depuis plusieurs semaines vient d’être définitivement validé par le comité préparatoire. Soumis à l’assemblée pour adoption, celle-ci l’entérine aussitôt par consensus. Par cette manœuvre tactique, la Haut-commissaire pour les droits de l’homme Navi Pillay et les diplomates ont remis la lutte contre le racisme au centre des débats et évité que la conférence ne capote suite aux déclarations scandaleuses du Président iranien Mahmoud Amadinejad le premier jour. « Il y a eu une volonté e tous les pays de dire à la communauté internationale, déclarait l’Ambassadeur égyptien au Temps, que nous ne voulions laisser quiconque de faire dévier la conférence de son but originel ».

Avertissement contre la politique de la chaise vide

La précipitation de cette adoption se voulait aussi un signal envers les pays envisageant de se retirer. En effet, les défections d’une dizaine de pays (Italie, Allemagne, Pays-Bas, Pologne, République tchèque, suivant les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et Israël) donnaient le message que les pays occidentaux ne sont pas prêts au dialogue dans l’enceinte de l’ONU. Aujourd’hui, preuve est faite que la politique de la chaise vide n’est pas une stratégie appropriée.

Position de la Suisse

Ceci confirme la position générale de la Suisse, dont le représentant, l’Ambassadeur Dante Martinelli, n’a pas quitté la salle. La ministre suisse des affaires étrangères Micheline Calmy-Rey a finalement décidé de soutenir de sa présence la conférence, et elle est montée à la tribune : dans sa déclaration, elle parle du succès de la conférence, qui est « une étape sur le long chemin de l’éradication du racisme ». À propos de la déclaration,  elle déclare qu’il contient les « grands principes qui nous tiennent à cœur, la liberté d’expression, les droits des femmes, il rappelle l’Holocauste, tragédie du passé qui doit servir d’enseignement pour le futur, il rejette l’esclavage et le colonialisme. Il ne remet pas en cause les acquis […].»

Dans un communiqué paru en fin de journée le 22 avril, le Département fédéral des affaires étrangères condamne enfin les propos du Président Ahamdinejad. Plusieurs acteurs en Suisse étaient offusqués du manque de réaction immédiate de la part du Conseil fédéral. « La Suisse rejette avec la plus grande fermeté certains propos tenus par le Président iranien à cette tribune, propos qui sont contraires à l’esprit et au but de cette conférence, » souligne le communiqué.La suite ?En principe, la déclaration adoptée est « inscrite dans le marbre » et ne peut être modifiée. Elle sera certainement encore sujet à discussion.

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