Incendie dans une synagogue de Genève

La synagogue de Malagnou à Genève a brûlé le 24 mai 2007. L’incendie n’a pas fait de victime, mais les dégâts sont importants. Pour le juge d’instruction, qui s’exprime pour la première fois après une semaine d’enquête, l’incendie est d’origine criminelle, mais la piste d'un acte de mouvances extrémistes n'est pas privilégiée. La communauté juive est sous le choc. Les communautés religieuses musulmanes, catholiques et protestantes ainsi que la classe politique genevoise avaient immédiatement déploré ce sinistre. La Présidente de la Confédération a pris connaissance de cet incident « avec tristesse et inquiétude » et elle condamne avec la plus grande fermeté cette atteinte volontaire à l'intégrité d'un lieu de culte. Elle déclare que «tout acte antisémite est intolérable. Il constitue un affront à la culture du dialogue et de la concertation qui caractérise la Suisse tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ces frontières ».

Lien avec la norme antiraciste

La Commission fédérale contre le racisme (CFR) condamne énergiquement l’attentat contre la synagogue genevoise, de même que les coups de feu tirés contre un centre de requérants d’asile argovien la même semaine. Elle rappelle que la lutte contre le racisme continue et que la suppression ou l’affaiblissement de la norme antiraciste (article 261bis CP) « pourrait encourager les agressions contre des membres d’autres religions ou contre les immigrés. De son côté, la Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (CICAD) a qualifié l’incendie d’ »acte odieux » et son président, Philippe Grumbach, a également exprimé face au Courrier son inquiétude, particulièrement dans le contexte de la possible abolition de l’article 261bis CP. A Zurich, la Société pour les minorité en Suisse (GMS) condame également cet acte criminel. 

Une polémique avait été crée par le conseiller national Roger Nordmann (PS/VD), qui, dans un article paru sur son site le 1er juin, fait un lien direct avec la rencontre d’experts du 23 mai au sujet de la révision de la norme antiraciste. Il «estime que M. Blocher porte la responsabilité politique de cet incendie criminel (…) [et qu’il] est nécessaire que le Conseil fédéral annonce d’urgence son intention de maintenir sans changement l’article correspondant du code pénal ». L’UDC a vivement réagit.

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