Update: 04.04.2017

Liberté d’expression dans l’Islam

Dans les pays musulmans, la religion se pose en obstacle à la liberté d’expression. Les propos critiques envers l’Islam, comme la négation de l’existence de Dieu, le rejet des prophètes ou encore les critiques adressées au Coran et aux autorités religieuses sont le plus souvent violemment réprimés.

Des lois contre le blasphème

Le droit pénal de tous les États islamiques contient des lois qui sanctionnent de manière plus ou moins sévère le blasphème (aussi qualifié de diffamation de la religion). Sont considérés comme blasphèmes des paroles et des actes qui, de l’avis des autorités, vilipendent l’Islam. En fonction de l’opinion du juge, peuvent également être qualifiés de blasphèmes les efforts de modernisation des réformistes, des articles scientifiques ou encore des opinions exprimées par des individus sur la religion et la société, par exemple sur les réseaux sociaux. Les peines prononcées vont en général de plusieurs mois à plusieurs années de prison, auxquels s’ajoute une amende. Dans certains États, comme l’Iran, le blasphème est passible de la peine capitale.

La notion de diffamation des religions au centre du débat

En 2012, l’Assemblée générale des Nations Unies a rejeté le concept de diffamation des religions (voir notre article sur le sujet). Durant de nombreuses années, l’Organisation de la coopération islamique (OCI) s’était en effet employée à faire approuver une résolution qui faisait de la diffamation des religions (et en particulier de l’islam) une forme de racisme. Les pays occidentaux se sont toujours énergiquement opposés aux démarches visant à conférer à ce principe le statut de droit humain, en objectant principalement qu’un droit qui protège la religion de la diffamation limite bien souvent la liberté d’expression de façon excessive. En outre, les droits humains doivent servir à protéger des individus, et non des notions ou des religions.

La liberté d’information sous le feu des critiques

De nombreux pays musulmans occupent les dernières places du classement mondial de la liberté de la presse établi par «Reporters sans frontières». L’Iran, dont le gouvernement contrôle tous les médias et les sites Internet, arrivait ainsi en 2016 à la 169e place sur 180 pays (juste devant des États comme la Corée du Nord ou la Somalie). Dans de nombreux pays musulmans, les journalistes doivent systématiquement faire face à des menaces et sont exposés à des représailles. Après les «printemps arabes» de 2011, le pluralisme des médias et l’indépendance journalistique ont bien enregistré quelques progrès hésitants, mais pas d’améliorations durables.

Droits humains concernés

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